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Mercredi 22 mai 2013 3 22 /05 /Mai /2013 14:21


Le 27 février dernier, la majorité de gauche au Sénat avait adopté la proposition de loi d’amnistie des faits commis lors de mouvements sociaux et d’activités syndicales, déposée par les sénateurs communistes, républicains et citoyens. À l’issue de ce vote au Sénat, la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, soulignait que les parlementaires avaient fait « œuvre de justice ». En effet, cette proposition de loi défendue par les parlementaires du Front de gauche vise à rendre justice à celles et ceux qui ont décidé d’agir pour sauver leurs emplois et leurs entreprises. Elle vise à faire un geste en direction des salariés en lutte. Elle vise à donner raison aux militantes et militants qui ont agi pour le droit au logement ou la défense des services publics. L’amnistie que nous avons proposée ne concernait pas les atteintes aux personnes. Elle concerne en revanche ces agents et syndicalistes d’EDF qui ont refusé de couper l’électricité à des familles précaires ; elle concerne ceux qui se sont opposés au licenciement d’une intérimaire handicapée ; elle concerne ces fonctionnaires de Roanne qui ont tagué des slogans sur la voie publique pendant un mouvement sur les retraites ; elle concerne ce jeune syndicaliste du Gard qui a jeté un œuf sur les grilles d’une préfecture ; elle concerne cette jeune employée de PSA qui a élevé la voix contre un huissier ; elle concerne ce cheminot qui a donné un coup de pied dans un objet en direction d’une voiture de police ou encore ces syndicalistes qui ont refusé de se soumettre à des tests ADN. Nous sommes ici bien loin des caricatures véhiculées par la droite et par le patronat, et que le Gouvernement a choisi de relayer, selon lesquelles les syndicalistes ou les militants associatifs seraient de dangereux criminels ! En deux mois pourtant, la position des socialistes sur l’amnistie sociale est passée de l’approbation au Sénat à un rejet pur et simple en commission à l’Assemblée. Nous l’avons répété : pour enterrer une proposition […]
Par André Chassaigne - Publié dans : Chroniques du journal La Terre
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Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 14:45


La proposition de loi des députés du Front de Gauche, tendant à interdire les licenciements boursiers et les suppressions d’emploi abusives, sera examinée le 16 mai en séance à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une séance réservée à notre groupe. Les 8 articles ont été construits sur la base d’un travail collectif, que je juge exemplaire, associant les différentes composantes du Front de Gauche et impliquant le Front des luttes. Il s’est aussi appuyé sur l’apport et l’expertise de terrain de très nombreux syndicalistes et représentants d’entreprises en lutte, comme les Sanofi, les Fralib-Thé l’Elephant, les Pilpa… Notre pays compte plus de 5 millions de personnes privées d’emploi, si l’on prend en compte toutes les catégories de demandeurs. L'ampleur de la crise, la violence patronale à l’égard des travailleurs, la précarité dans laquelle se trouvent plongés un nombre toujours plus grand de salariés, la destruction de 600 000 emplois industriels depuis 2008 imposent une action rapide du législateur face à l’attentisme coupable des gouvernements successifs. Plutôt que de répéter à l’envie un message de communicant sur « l’inversion de la courbe du chômage » d’ici à la fin de l’année 2013, nous proposons donc une nouvelle fois au Gouvernement et à sa majorité de se saisir des propositions concrètes que les députés du Front de Gauche mettent sur la table. Les salariés et leurs familles en ont assez de l’indignation gouvernementale. Il est temps de redonner aux pouvoirs publics et aux salariés des outils législatifs capables de stopper les stratégies financières destructrices d’emploi des entreprises. Reprendre le chemin de la création d’emploi, cela suppose d’abord de cesser de jouer aux bons serviteurs de la pensée « made in Medef », qui priorise la recherche de « rentabilité » pour les actionnaires sous couvert de recherche de « compétitivité ». Il est temps de « réarmer » l’Etat avec des points d’appuis législatifs en matière d’interdiction des […]
Par André Chassaigne - Publié dans : Discours / interventions publiques
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Dimanche 5 mai 2013 7 05 /05 /Mai /2013 09:59


En séjour en Grèce, j'ai apporté mon soutien à Michèle PARRAVICINI, candidate du Front de Gauche dans la 8ème circonscription des Français de l'étranger, qui comprend 8 Etats : Chypre, Grèce, Israël, Italie, Malte, San Marin, Turquie, Vatican. L'élection fait suite à l'invalidation de la députée socialiste élue. J'ai ainsi pu mesurer ce qu'apporterait une nouvelle députée du Front de Gauche, au sein de notre groupe, pour porter les attentes et relayer les inquiétudes des citoyens français vivant hors de leur pays. Contrairement à l'image que l'on peut en avoir, beaucoup ont des conditions d'existence difficiles, voire précaires. Ainsi, en Grèce, ces Françaises et Français victimes de la crise, avec des salaires de misère, parfois non payés depuis des mois, ou celles et ceux qui ont perdu leur emploi et ne bénéficient ni d'indemnité chômage, ni d'aide sociale. Le retour en France devient pour certains l'unique solution avec la rupture de vie que cela représente pour des couples mixtes, dont les attaches se sont tissées dans le pays d'adoption qu'il va falloir quitter pour vivre. Notre entretien m'a aussi confirmé dans le choix que nous avons fait d'intensifier les actions communes entre parlementaires communistes et progressistes d'Europe. Si le décalage dans le temps de l'adoption des mesures est une réalité, si la gravité des décisions reste encore de niveau variable, la convergence partout en Europe des politiques antisociales n'est plus à démontrer. La preuve la plus récente en est l'Accord National Interprofessionnel en cours d'adoption en France : mesures déjà mises en oeuvre pour l'essentiel en Allemagne et qui ne se discutent même plus dans un pays comme la Grèce. De même, la lutte conduite ces jours-ci par les députés grecs de SYRIZA (coalition de la gauche radicale-démocratique grecque à l’image du Front de Gauche français) contre la suppression de 15000 nouveaux emplois de fonctionnaires, n'est pas sans rappeler l'action déterminée que nous conduisons […]
Par André Chassaigne - Publié dans : Chroniques du journal La Terre
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Mercredi 24 avril 2013 3 24 /04 /Avr /2013 11:33


Avec son projet de loi dit de « sécu¬risation de l’emploi » issu de l’ANI du 11 janvier, le Gouvernement a réalisé le rêve du MEDEF. Entrave aux comités d’hygiène et de sé¬curité et aux instances représentatives du personnel ; aménagement des obligations d’organiser des élections des représentants des salariés ; réduction des délais de prescription pour la délinquance en col blanc ; enrichissement des assu-rances privées grâce aux complémen¬taires santé ; contournement des juges pour faciliter et sécuriser les licenciements ; déploiement des contrats intermittents « super-précaires » ; déréglementation du temps partiel ; plans de mobilité forcée sans aucune restriction géographique ; accords de compétitivité avec baisse des salaires et augmentation du temps de travail ; plans de licenciement simplifiés, automatisés, accélérés. Le bilan est lourd ! Quant aux contreparties, elles sont minimes, lorsqu’elles ne sont pas hypothétiques, comme cette fameuse taxation des CDD, qui ne figure même pas dans le texte et qui ne coûtera pas un centime aux entreprises. Surtout, ce texte est entaché d’un vice de fond : la prétendue négociation sociale prévaut désormais sur la loi. À l’heure où le chômage atteint des records, cela donne un pouvoir exorbitant au patronat et permet toutes les régressions au prétexte de la crise. Cela place les représentants des salariés sous la pression des chantages à l’emploi et aux fermetures de site, et participe à la déconsidération de l’action syndicale. Le rapport de force défavorable aux salariés dans l’entreprise est entériné. La réalité des conflits sociaux est niée et le droit du travail, construit de haute lutte, est mis entre parenthèses. Ce texte de casse sociale ne créera pas un emploi supplémentaire. Au contraire, il risque de provoquer une hémorragie de licenciements. C’est la raison pour laquelle les députés du Front de gauche, pen¬dant une semaine, ont ferraillé contre chacune des dispositions dangereuses de ce projet. Ce numéro […]
Par André Chassaigne
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Lundi 22 avril 2013 1 22 /04 /Avr /2013 09:25


Le mal-être des agents de La Poste est maintenant connu… Mais pas encore reconnu, semble-t-il. J’ai été personnellement outré par l’appréciation portée par son Président, dans un récent ouvrage : des « gens un peu inadaptés » et qui « n’ont plus leur place dans les entreprises même si, à La Poste, ils restent boucler leur carrière, et font des déprimes à répétition ». C’est bien un mépris à l’égard de ceux qui sont en souffrance professionnelle qui est ainsi clairement affiché. Et pour cause : il faut bien assumer la politique mise en œuvre ! Depuis la privatisation de La Poste, les réorganisations, fermetures de sites, de bureaux, délocalisations et suppressions d'emploi se succèdent en effet à un rythme effréné. En dix ans, plus de 80 000 emplois ont été supprimés. Le nombre de suicides et de tentatives de suicide continue de s'amplifier au sein du groupe : plus de soixante-dix en 2010 et le constat d'une recrudescence en ce début d'année. Dans son rapport annuel de 2011, le syndicat professionnel des médecins de prévention de La poste avait alerté la direction : « L'intensification du travail et le resserrement continu des organisations, qui réduisent les marges de manœuvres individuelles et collectives, et les stratégies d'adaptation et l'évolution organisationnelle qui modifient les collectifs de travail et les repères professionnels des agents dans tous les métiers, engendrent une présence plus prégnante de troubles psychiques et de manifestations d'origine psychosomatique ». Dans ce contexte, suicides et tentatives de suicide, étroitement liés à des situations de vie professionnelle, surviennent dans toutes les régions, dans tous les métiers et aux différents niveaux de l'entreprise ; le taux d'absentéisme pour maladie atteint des seuils sans précédent ; les accidents de travail et les maladies professionnelles sont en très forte augmentation ; le mal-être au travail touche tous les niveaux opérationnels de l'entreprise. Les agents et les encadrants […]
Par André Chassaigne - Publié dans : Chroniques du journal La Terre
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Mercredi 17 avril 2013 3 17 /04 /Avr /2013 14:29


Les usagers des quelques 9 000 kilomètres du réseau autoroutier concédé que compte notre pays n’en peuvent plus de subir un racket financier quotidien au service des actionnaires des sociétés concessionnaires. Depuis la privatisation du réseau en 2005, pour seulement 14,8 milliards d’euros, les profits issus des péages coulent à flots pour les trois groupes qui se partagent désormais le gâteau : Vinci, Eiffage et Abertis. Ce sont plus de 5 milliards d’euros qui ont été versés aux actionnaires sous forme de dividendes en seulement 6 ans ! La politique de rentabilité de ces groupes fait régulièrement l’objet d’enquêtes, toujours plus approfondies, qui démontrent à chaque fois la véritable rente tirée de l’exploitation du bitume. La déconnexion est de plus en plus flagrante entre les tarifs supportés par les usagers et la réalité des amortissements, des investissements et des coûts d’exploitation du réseau. Ainsi, le bénéfice net par kilomètre parcouru s’est envolé de 52 % entre 2005 et 2010. Face à cette dérive sans précédent, il n’est pas inutile de rappeler que les autoroutes françaises font partie du domaine public de l’État, que « l’usage des autoroutes est en principe gratuit » (article L.122-4 du code de la voirie), mais que l’Etat confie à des sociétés le soin de les gérer via des délégations de service public, sous la forme de concessions accordées pour des durées très longues. Bien entendu, les sociétés concessionnaires sont liées par une convention et un cahier des charges signés avec l’État, au respect d’un certain nombre de contraintes, dont, notamment, l’application des conditions tarifaires. Au regard des dérives constatées, y compris par la Cour des Comptes, il apparaît indispensable de remettre la main sur le grisbi du lobby autoroutier. Malheureusement, aucune remise en cause sérieuse ne semble à l’ordre du jour. Ainsi, les tarifs de péages continuent d’augmenter à des rythmes très supérieurs à l’inflation, et sans lien avec la baisse du pouvoir […]
Par André Chassaigne - Publié dans : Chroniques du journal La Terre
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Lundi 15 avril 2013 1 15 /04 /Avr /2013 15:38


L’Assemblée nationale examinait la semaine dernière une proposition de loi présentée par le sénateur cantalien PRG Jacques Mézard, adoptée par le Sénat, et soutenue par le Gouvernement, « visant à moderniser le régime des sections de commune ». Ce texte ne visait en réalité qu’à remettre en cause l’existence de ces biens privés collectifs qui ont pourtant permis de maintenir une population sur de nombreux territoires ruraux et participé à la mise en valeur de terres agricoles et espaces forestiers. Ces sections de commune ont généralement été cédées en des temps anciens à des communautés villageoises, tout simplement parce qu’on ne voulait pas que les serfs partent en ville pour « s’affranchir »… et devenir ainsi des hommes libres. Les seigneurs avaient besoin de cette main-d’œuvre et c’est pour la maintenir sur place qu’ont été octroyés en jouissance des biens collectifs. Dès 1789, le législateur révolutionnaire a ensuite conforté et étendu, par plusieurs décrets, la notion de biens appartenant à des fractions d’habitants. Aux XIXe et XXe siècles, sans ces biens collectifs, dans des départements comme la Lozère, l’Aveyron, le Cantal, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme, la désertification aurait été beaucoup plus forte, voire rédhibitoire pour le maintien de la vie rurale. Il n’était pas possible de vivre sur de petites exploitations sans ces revenus complémentaires. En fait, le texte de loi qui nous était soumis a été construit et amendé avec la ferme volonté de pousser rapidement au transfert des biens de sections vers les communes. J’ai mené bataille en démontrant que cette forme de spoliation de la propriété privée était clairement orientée… parce qu’il s’agit d’une propriété collective. Une propriété privée, cela ne choque personne, mais qu’elle soit collective, mutualisée, gérée de façon participative, cela devient absolument insupportable à la pensée dominante. C’est cet enjeu de maintenir et développer des biens communs que défend l’Américaine Elinos […]
Par André Chassaigne - Publié dans : Chroniques du journal La Terre
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